
Du corps, des mains et du vivant
J’ai toujours aimé créer de mes mains et observer le vivant.
J’ai d’abord étudié les sciences de la Terre, puis travaillé comme ingénieure hydrogéologue. Comprendre les paysages, l’eau, ce qui circule sous la surface : pendant plusieurs années, c’est par là que j’ai regardé le monde.
Puis, à 28 ans, je suis partie en voyage seule pendant huit mois en Asie.
Née à Singapour d’une mère hongkongaise et d’un père français, j’avais grandi entre plusieurs cultures sans vraiment connaître cette partie du monde. Ce voyage a eu quelque chose d’un départ autant que d’un retour.
J’y ai découvert d’autres manières d’habiter le corps, de respirer, de bouger, de toucher. La méditation, le massage, le Chi Nei Tsang, le yoga et le mouvement sont entrés dans ma vie là-bas avec une forme d’évidence. Comme si, au-delà de la découverte, quelque chose de familier se révélait.
Le toucher a peu à peu pris une place particulière.
J’aime ce que les mains permettent de percevoir sans avoir besoin de mots. Leur manière d’écouter, de rencontrer un corps, d’en sentir les mouvements, les tensions, le rythme. Le ventre et le Chi Nei Tsang sont devenus, au fil des années, le cœur de ma pratique.
Et mes mains ne sont jamais restées dans un seul territoire. Elles massent, peignent, dessinent, fabriquent. J’aime passer du corps à la matière, du geste à la création, et retrouver partout cette même attention au vivant.
Aujourd’hui, le corps, la respiration, le toucher et la création dessinent un même chemin : habiter pleinement sa vie.